AAC – JE ‘on’ dont contrastif, Poitiers, 18-19.11.2021

Journée d’étude

Le pronom français ON :

étude contrastive à travers les langues et les genres

organisée par

FoReLLIS 3816, Équipe Linguistique « Corpus : des unités au discours »

les 18 & 19 novembre 2021

Université de Poitiers, Maison des Sciences de l’Homme et de la Société

S’inscrivant dans un projet de l’Equipe A Linguistique « Corpus : des unités au discours » – Axe Contrastivité interlangues du laboratoire FoReLLIS, cette journée d’étude abordera l’étude du pronom ON dans une approche inter-langues et/ou inter-genres visant une comparaison entre ON et ses équivalents à travers les langues et/ou entre les emplois de ON à travers les genres.

La plasticité référentielle du pronom ON, qu’elle ait été appréhendée comme « flexibilité référentielle » (Noren 2009), comme « flou référentiel » (Landragin & Tanguy 2004) ou à travers ses multiples « facettes » (Fløttum et al. 2007), reste au centre des préoccupations des linguistes depuis plus de quarante ans. A l’oral (Coveney 2003, Blanche-Benveniste 2003) ou à l’écrit (Landragin & Tanguy 2004, Atlani 1984), ON est analysé sous l’angle de ses valeurs référentielles à partir des relations avec les autres pronoms en contexte, en prenant comme support des genres différents (littéraire – roman, théâtre, nouvelle ; scientifique – articles de recherche ; journalistique ; plus récemment les productions du web – Hamelin 2018). Cependant, peut-être justement en raison de la complexité de l’appréhension de ON, les analyses ont plutôt tendance à explorer un genre en particulier, souvent à travers des textes ciblés (Détrie 1998, Rabatel 2001). Quelques contributions néanmoins s’emparent de corpus plus larges dans la presse (Tartarin 2011 et 2013), dans le genre académique de l’article de recherche (Gjesdal 2008). L’ouvrage de Fløttum et al. (2007) étend la comparaison de ON à plusieurs genres (littérature du XIXe, articles scientifiques, genres de l’oral informel), et envisage également ses équivalents en anglais et en suédois à partir d’un texte littéraire.

En lien avec le projet de recherche de l’Axe contrastivité de l’Equipe de linguistique du laboratoire FoReLLIS, qui vise à proposer un panorama des équivalents de ON en anglais, allemand, espagnol, roumain, grec et suédois à partir de l’étude de corpus bidirectionnels (originaux et traductions) dans la littérature, les ouvrages académiques et la presse, nous souhaitons favoriser dans cette journée d’étude une perspective plus globale de ON appuyée sur le traitement des corpus, le croisement des genres, l’étude contrastive des équivalents de ON dans les langues à travers la traduction et la comparaison inter-langues de ses équivalents. D’un point de vue contrastif, l’utilisation de la traduction pour déterminer les équivalents de ON et réfléchir sur son rôle et sa référence en contexte reste relativement peu exploitée dans la littérature. De manière étonnante, ON a été peu abordé dans la comparaison avec l’anglais (cf. Tartarin 2011, 2013 pour les équivalents anglais dans un contexte de modalisation dans la presse, ou Chuquet & Paillard 1987 pour un panorama des traductions en anglais dans une approche de méthodologie de la traduction), mais a pu être étudié à travers des données comparables ou de traduction dans la comparaison avec les langues scandinaves (Fløttum et al. 2007, Fløttum et al. 2006) l’allemand (François 1984), l’italien (Jonasson, 2008) et le polonais (Skibińska 1984). ON pourra également davantage bénéficier d’un traitement comparatif impliquant deux ou plusieurs genres, à l’écrit comme à l’oral, dont le filtre pourra sélectionner des configurations textuelles, discursives, stylistiques bien particulières et offrir de nouveaux aperçus sur la mise en place et la réalisation de la plasticité de ON.

Quelques pistes qui pourraient être abordées dans une comparaison de ON et de ses équivalents dans d’autres langues (à travers des corpus comparables d’originaux ou parallèles d’originaux en français et de traductions), ou de ses différentes réalisations dans les genres :

§   En étudiant la nature des équivalents de ON dans d’autres langues et le mode de construction de la référence sous-jacent à ces marqueurs, peut-on avancer dans la description de ON ?

§   En quelle mesure ON peut-il refléter dans ses emplois les enjeux spécifiques des genres de discours ?

§   Quel est l’apport d’une comparaison des genres, voire des variétés de langue (français standard vs variétés du français, synchronie vs diachronie) ?

§   Selon les éléments de détermination contextuelle (temps, syntaxe, lexique, modalités), qui peuvent influer sur ON, peut-on déterminer des traits récurrents de ON selon les genres, et des schémas de traduction selon la langue cible et son contexte d’emploi ?

§   Quels sont les effets de sens qui sont forcément ajoutés ou enlevés dans une langue cible, dans un/des genre/s particulier/s si l’on se rapporte aux contraintes linguistiques, discursives et stylistiques spécifiques qui s’inscrivent dans les emplois de ON et de ses équivalents ?

§   L’analyse sur corpus peut-elle, par la variété potentielle des données, apporter des réponses nouvelles ou appuyer certaines hypothèses déjà formulées dans les études antérieures portant sur les caractéristiques de ON ?

§   L’analyse contrastive combinant les langues et les genres et s’appuyant sur des corpus (avec un double traitement quantitatif et qualitatif) peut également avoir une application à l’enseignement, tant du français langue étrangère que de la traduction du français. Les équivalents potentiels de ON en anglais, par exemple, ont été déjà étudiés et mis en évidence dans une perspective pédagogique (Chuquet & Paillard 1987). La diversité des équivalents anglais de ON montre la nécessité de l’articulation et de l’ajustement constant de plusieurs paramètres dans l’interprétation de ON et dans sa restitution (interaction avec le contexte – nature des verbes, syntaxe, contexte écrit ou oral, genre, etc.). Qu’en est-il des autres langues que l’anglais ? Des données de corpus quantitativement importantes peuvent-elles fournir et affiner d’éventuels schémas récurrents synthétisant les combinaisons possibles des marqueurs et favorisant ainsi l’enseignement et l’apprentissage de l’emploi de ON et de ses équivalents ?

Bibliographie indicative

ATLANI, F., 1984, « On l’illusionniste ». in GRESILLON, A. & J-L. LEBRAVE. (Eds). La langue au ras du texte. Lille : Presses Universitaires de Lille. p. 13-29.

Blanche-Benveniste, C., 2003, « Le double jeu du pronom on », La syntaxe raisonnée, p. 41-56.

CHUQUET H. et M. PAILLARD, 1987, Approche linguistique des problèmes de traduction. Paris : Ophrys.

COVENEY, A., 2003. “’Anything you can do, tu can do better’: tu and vous as substitutes for indefinite on in French”, Journal of Sociolinguistics, vol. 7, no. 2, 164-191

DÉTRIE C, 1998, « Entre ipséité et altérité : statut énonciatif de on dans Sylvie », L’information grammaticale 76, 29-33.

Egerland, V., 2003, “Impersonal Pronouns in Scandinavian and Romance”, Working Papers in Scandinavian Syntax, 71.

FLØTTUM, K., DAHL, T. & KINN, T., 2006, Academic Voices. Across languages and disciplines. Amsterdam: John Benjamins Publishing Company.

FLØTTUM, K., JONASSON, K. & NOREN, C., 2007, On Pronom à facettes. Bruxelles : De Boeck.

GJESDAL, A. M., 2008, Étude sémantique du pronom ‘on ’ dans une perspective textuelle et contextuelle. Thèse disponible en ligne. Consulté le 16/06/2010.

HAMELIN, L., 2018, “Éléments pour une sémantique de ON”. Congrès Mondial de Linguistique Française. In SHS Web of Conferences (Vol. 46, p. 12006). EDP Sciences. [Corpus : Frantext et web. Enonciation]

JONASSON, K., 2008, « La traduction de on dans deux versions italiennes d’Une Vie de Maupassant », in Birkelund, Merete, Hansen, Maj-Britt Mosegaard & Norén, Coco (éds), 2008, L’énonciation dans tous ses états. Mélanges offerts à Henning Nølke à l’occasion de ses soixante ans, Berne, Peter Lang, p. 291-314.

LANDRAGIN Frédéric, TANGUY Noalig, 2014, « Référence et coréférence du pronom indéfini on », Langages, (N° 195), p. 99-115.

NOREN, Coco, 2009, « La ScaPoLine appliquée sur corpus. L’exemple du pronom on », Langue française, 164, p. 137-148.

RABATEL, A., 2001, « La valeur de « on » pronom indéfini/pronom personnel dans les perceptions représentées », L’Information grammaticale, n° 88.

SKIBINSKA, E., 1984, « Traduire en polonais on dans sa spécificité delermienne : une tâche impossible ? », Romanica wratislaviensia LI, 83-100.

TARTARIN, T., 2011, Que dit ON ? ON, discours, point de vue et modalisation dans les textes journalistiques : problèmes de traduction, Mémoire de Master 2, sous la direction d’Hélène Chuquet, Université de Poitiers.

TARTARIN, T., 2013, « Le pronom on, marqueur de point de vue ? Étude d’un corpus d’articles de presse français/anglais », in Chuquet, H., Nita, R., & Valetopoulos, F. Des sentiments au point de vue. 246-268.

Calendrier :

– Date limite pour l’envoi des propositions des communications : 30 juin 2021

– Réponse des évaluateurs : 15 septembre 2021

– Dates de la journée d’étude : 18-19 novembre 2021

Nous souhaitons que la journée d’étude puisse avoir lieu en présentiel. Toutefois, étant donné les incertitudes de la crise sanitaire, nous préciserons les modalités exactes – présentiel ou à distance – au mois de septembre en fonction de l’évolution de la situation sanitaire.

Modalité de soumission :

– La proposition de communication – 1500 mots – suivie d’une bibliographie indicative sera transmise dans un fichier Word anonyme.

– Le/s nom/s des auteurs avec son/leur affiliation sera transmis dans un fichier séparé.

– Les propositions sont à envoyer à : Raluca Nita, raluca.nita@univ-poitiers.fr  

Publication :

Une sélection des articles présentés dans le cadre de cette journée d’étude feront l’objet d’une publication.

Comité scientifique de la journée :

Ioana Daniela Balauta – Univesité Stefan cel Mare, Suceava, Roumanie et FoReLLIS, Université de Poitiers

Joasha Boutault – FoReLLIS, Université de Poitiers

Hélène Chuquet – FoReLLIS, Université de Poitiers

Diana Cretu-Millogo – FoReLLIS, Université de Poitiers

Laurie Dekhissi – FoReLLIS, Université de Poitiers

Sylvie Hanote – FoReLLIS, Université de Poitiers

Maria Hellerstedt – Cecille, Université de Lille

Efi Lamprou – FoReLLIS, Université de Poitiers

Agnès Leroux – CREA, Université Paris Nanterre

Ramón Martí Solano –CeReS, Université de Limoges 

Michaël Nauge – FoReLLIS, Université de Poitiers

Raluca Nita – FoReLLIS, Université de Poitiers

Pauline Serpault – FoReLLIS, Université de Poitiers

Jeanne Vigneron-Bosbach – FoReLLIS, Université de Poitiers

Manuel Torrellas Castillo – ICD, Université de Tours